- Extrait du recueil "RIVAGES" de Gérard Lavoisier
Préparation de le couleur.
La route fut brillante, lasse,
s’évanouissait sous une pluie
plus fine
qu’un chagrin de papillon.
Parce que bleu,
le ciel se mélange mieux
aux pas que le soleil
efface
sur le gris des départementales.
Vous connaissez le Printemps des Poètes? C'est chaque année depuis peu en mars. C'est partout en France dans les théâtres, les bibliothèques, les cafés, les places, les squares j'en passe et des meilleures. A Avesnes rien, le désert! Qu'est-ce qu'on attend pour inventer quelque chose de crédible, de soigné, de chouette quoi?
AUTORISEZ-VOUS LA PAROLE! LIBEREZ LA POESIE!
Si ces mots vous intrepellent, une seule adresse, la nôtre! cahierdeverdure@wanadoo.fr
Le TER procure parfois d'immenses sensations poètiques. Femmes et hommes y sont parfois sur pause, suspendus, ouverts et fondus dans le regard de l'autre. C'est une conférence d'existences sans mots, complétement réceptives, complétement intrusives. Cet intrusif là, une élégance de la non-intervention, c'est du désir courtois.
Elle a quitté son siège
s’engageant vers la sortie.
Puis elle s’est retournée
brièvement
vers la place qu’elle venait d’occuper.
Il y avait quelqu’un dans son regard,
sa lumière brillait encore.
G.Lavoisier extrait de Scuires.
Le chien est assis sur la chaise, face à la table. S'il ne possède pas le langage parlée, combien de fois son regard en aura dit plus long que des mots?
Pour un peu de lumière
sur le noir de sa truffe,
le chien ouvre le ciel et souffle sur l'ombre
jusqu'à disperser son moindre pli.
Personne autant que lui
ne dispose d'une palette
aussi vaste d'aurores.
Au coeur de l'automne, en ce début d'hiver hésitant, ce clin d'oeil aux beaux jours......à venir! Le bord de mer, quel espace scènique! La pièce qui s'y joue depuis des millions d'années ne vieillit pas et pourtant tout est à sa place, les rôles sans cesse renouvelés, l'invention un partage des yeux, de l'ouie, de l'odorat....du sentiment d'infini. Découvrez le bord de mer en pleine hiver, la rudesse de la terre.
La plage est un dessin d'enfant qui bouge bien.
Pas une seconde où elle ne se coiffe
pour retirer de ses cheveux blancs
le gravier, le sel, la morsure du vent.
Tu marches le long de sa voix sourde,
tu entends bougonner de toute part
tu ne sais plus qui de toi ou du large
occupe le devant de ta conscience.
Il te semble désormais
atteindre quelque chose
dont la respiration ne te quittera plus.
Tu es né d'une ombre qui insiste sur la ponctuation.
Gérard Lavoisier extraits de "Sciures"
Quand on est enfant, on a pas conscience de tout ce qui nous habite, ou si peu. C'est le départ de quelqu'un qui nous signale réellement sa présence, ce qu'elle fut, ce qu'elle est, ce qu'elle sera demain. Nous ne sommes pas seuls au tréfonds de nous-mêmes. Il faut appeler et appeler, il se peut que nos chers disparus soient occupés quelque part. La vie continue aussi pour eux.
Ceux qui s’effacent
écrivent sur nos traits
des pleins, des déliés,
une écriture du silence
lisse et chaleureuse.
Pour un peu
on les remercierait de ces instants
d’éloignement si proche,
de féconder entre chacun
des murmures essentiels.
Les morts nous donnent soif.
De traverser leur désert
d’affronter la rudesse de nos marges,
nous accable
d’un feu de fatigues.
Celui qui ne peut parvenir
à l’étouffer doit supporter
l’onde d’une autre vie
faite d’absences.
Gérard Lavoisier extraits de "Sciures"
Prenez le temps parfois de vous poser quelque part, ouvrez vos yeux, donnez-vous à la plénitude vous envahissant. Faites-vous confiance, accepter cet imperceptible changement permanent, accepter la fin de l'ennui.
L’horizon bleuit
à l’invite des bourgs.
Chaque coup du soir
assombrit la forme.
Gérard Lavoisier extraits de "Pluies Neuves"
Extraordinaires mariages du blanc avec le noir.
Vous êtes conviés à la réception jusqu'au printemps!
Les brumes
mollement,
sur le doigt
des forêts,
au galimatias
de l’aube.
Gérard Lavoisier extraits de " Pluies Neuves"
LE SILENCE, C'EST EN CET SAISON
QU'IL PARLE LE MIEUX.
L’eau près de mon visage
attendue.
Dans l’écorce du silence,
une cloche au bronze nouveau
courtise les brumes
descendues dans l’indolence,
la patience du jardin.
Gérard Lavoisier extraits de "Emeutes"
Mercredi 14 décembre 2005
L'acteur, le comédien essaie d'atteindre un état qui pourrait ressembler à cet encombrement du bruit de la mer, cet espace de lieu de triage sensoriel où s'organisent, font leur marché, s'imposent les humeurs, les larmes et les éclats de rire de nos enfantements passés.
C’est étrange.
Le bord de mer n’est pas un lieu
les distances ne viennent pas à nous.
Exister ici
ça ressemble à de l’effacement.
Gérard Lavoisier extraits de "Rivages"